Immeuble de rapport à Ranard : comment Corentin génère 1 210 € de cash-flow mensuel

Immeuble de rapport à Ranard : comment Corentin génère 1 210 € de cash-flow mensuel

July 19, 20265 min read

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Immeuble de rapport à Ranard : comment Corentin génère 1 210 € de cash-flow mensuel

Je me suis rendu à Ranard, dans la région de Charleroi, à quelques minutes de l'aéroport, pour visiter un bien pas comme les autres : un immeuble de rapport né de la transformation d'une maison unifamiliale en colocation et studio indépendant. Ce projet, mené par Corentin, génère aujourd'hui près de 1 210 € de cash-flow net mensuel, pour un rendement brut avoisinant les 10 %. Une performance qui n'a pourtant rien d'un long fleuve tranquille : entre travaux de rénovation intensifs, gestion locative perfectible et opportunité de plus-value via une régularisation urbanistique, ce bien m'a permis de voir de près les hauts et les bas d'un premier investissement en colocation.

Un bien acheté sous le prix du marché

En discutant avec Corentin, j'ai appris que le point de départ de cette opération est une belle affaire dénichée off-market, via une agence immobilière pour laquelle il faisait initialement de la chasse immobilière pour son propre compte. Résultat :

  • Prix d'achat : 135 000 €, alors que l'estimation bancaire tournait autour de 170 000 €

  • Coût total du projet, travaux compris : environ 245 000 € (achat + frais d'acquisition + 90 000 € de rénovation)

  • Financement : 158 000 € de crédit classique, remboursé à hauteur de 850 €/mois

La négociation a été rendue possible par une vente gérée par un avocat pour le compte d'une personne sous statut d'incapable, un dossier complexe qui a nécessité un an et demi entre l'offre acceptée et la signature de l'acte.

De la maison unifamiliale à l'immeuble de rapport

En visitant les lieux, j'ai découvert une maison construite en 1945 et inhabitée depuis près de 15 à 20 ans avant son acquisition. Elle a fait l'objet d'une rénovation complète : électricité, chauffage, isolation, revêtements de sol (carrelage au rez-de-chaussée, Quickstep dans les chambres), toiture isolée et réaménagement des combles.

La configuration actuelle repose sur une séparation intelligente de l'espace :

  • Une colocation de 4 chambres à l'avant du bâtiment, avec deux espaces communs (salon et cuisine/salle à manger)

  • Un studio indépendant à l'arrière, occupé en continu depuis le début de la location

J'ai appris que cette scission est actuellement en cours de régularisation auprès du service de l'urbanisme, une démarche qui, si elle aboutit, transformerait officiellement le bien en véritable immeuble de rapport à deux unités locatives distinctes — avec, à la clé, une revalorisation estimée entre 280 000 et 290 000 €, contre 245 000 € investis.

Les chiffres de la rentabilité locative

Sur place, Corentin m'a détaillé les loyers, ce qui permet de comprendre la mécanique du rendement :

  • 4 chambres louées 400 € chacune (avec un passage annoncé à 450 € pour la chambre à l'étage disposant de sa propre salle de bain)

  • Le studio loué 560 € hors charges

  • Revenu locatif total : 2 160 €/mois

Une fois déduits le remboursement de crédit (850 €), la taxe et l'assurance (100 €), il reste un cash-flow net de 1 210 €/mois, soit un rendement brut proche de 10 % — un niveau particulièrement élevé pour ce type d'investissement locatif en Belgique.

Le point faible : une gestion locative à resserrer

Si j'ai trouvé la structure du bien excellente, ma visite m'a aussi permis de repérer les limites d'une gestion locative encore artisanale : sacs poubelles qui traînent, traces de mains sur les murs fraîchement repeints, absence de femme de ménage pour les parties communes, ou encore une prise électrique dangereusement placée près d'un bocal de cornichons dans la cuisine partagée.

Mon constat est sans appel : après seulement deux ans d'exploitation, un bien intégralement rénové présente déjà des signes d'usure prématurée. Voici les trois axes que je recommanderais à Corentin :

  1. Sélectionner plus rigoureusement les profils de locataires (privilégier par exemple un public étudiant plutôt que des profils plus âgés et moins soigneux)

  2. Mettre en place un suivi régulier de l'état du bien, avec par exemple le passage d'une femme de ménage pour les parties communes

  3. Finaliser certaines finitions (peinture, plafonnage, décoration) afin d'attirer des locataires plus qualitatifs et de limiter l'usure à moyen terme

Sans ces ajustements, le risque est clair : un turnover locatif de mauvaise qualité peut, à terme, absorber une bonne partie du cash-flow généré, via des travaux de réparation récurrents.

Les enseignements pour un investisseur immobilier débutant

Je lui ai demandé quels conseils il donnerait à une personne souhaitant se lancer dans l'investissement locatif. Il a insisté sur plusieurs points essentiels :

  • Se lancer tôt. Premier achat réalisé dès 24 ans, avant une interruption liée à la crise du Covid, puis reprise du projet actuel à 28 ans.

  • Se former avant d'investir, pour éviter les erreurs classiques du débutant, notamment le bricolage sur les premiers biens plutôt que des rénovations complètes réalisées par des professionnels.

  • S'appuyer sur un réseau d'entrepreneurs de confiance. L'accès à une communauté d'investisseurs a permis de trouver des artisans fiables (chauffagiste, électricien) recommandés par d'autres membres, un facteur clé pour sécuriser des chantiers de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Objectifs à long terme

En terminant la visite, j'ai compris que l'ambition de Corentin est claire : atteindre une sécurité financière avant 35 ans, avec un objectif de cash-flow cumulé autour de 5 000 € par mois toutes propriétés confondues. Un nouveau bien, acquis également sous le prix du marché grâce à son réseau, devrait lui rapporter environ 1 000 € supplémentaires de cash-flow mensuel. À terme, le passage en société est envisagé pour optimiser la fiscalité, une fois la capacité d'emprunt en nom propre atteinte.

Au sortir de cette visite, je retiens que cet immeuble de rapport situé à Ranard, près de Charleroi, illustre bien les réalités d'un premier projet de colocation rentable : un rendement locatif remarquable de 10 %, une opportunité de plus-value via la régularisation urbanistique, mais aussi la nécessité d'une gestion locative plus rigoureuse pour préserver la valeur du bien sur le long terme. Un cas d'école pour tout investisseur souhaitant se lancer dans l'immobilier locatif en Belgique.

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